« Je suis tombé(e) amoureux(se) … », voici comment l’on exprimerait le sentiment amoureux envers son/sa partenaire. Une façon de se décharger de l’entière responsabilité de ce qu’on ressent vis à vis de l’autre. Un peu comme si l’on tombait amoureux(se) de l’autre comme on tombe dans un trou. Selon Robin Norwood : « Nous aimons trop parce que nous essayons de vaincre les peurs, les colères, les frustrations et les souffrances que nous avons connues dans notre enfance. » dans son livre Ces femmes qui aiment trop, pourquoi vous choisissez les hommes qui ne vous conviennent pas. Mais du coup, est-ce que c’est dangereux de se sentir dépendant·e affectivement ? D’être accro à l’amour et/ou aux sentiments ? Et puis c’est quoi au fond, la “dépendance affective” ? Allez, on va overthinker sur ce sujet aujourd’hui.
Il faut déjà savoir que le terme dépendance affective n’apparaît dans aucune classification médicale. Mais qu’en revanche, on le retrouve régulièrement employé au rayon du développement personnel. Ce n’est donc pas une pathologie en tant que telle, contrairement, par exemple au trouble de la personnalité dépendante ou au trouble réactif de l’attachement selon le DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Il n’est donc pas nécessaire d’en guérir, mais d’amorcer une éventuelle déconstruction de ce que sont nos rapports amoureux, amicaux et familiaux. La personne dépendante affective éprouve une incapacité à vivre seule et ressent un besoin excessif de la présence et de l’approbation des autres pour se sentir comblée et en sécurité. Ce mode de fonctionnement toucherait aussi bien ses relations amoureuses que amicales.
D’où vient la dépendance affective?
Au XIIIe siècle, Frédéric II entreprit une expérience visant à découvrir la « Langue de Dieu ». Il confia six nourrissons à des nourrices en leur demandant de s’occuper de leur alimentation, de leur sommeil et de leur hygiène, tout en leur interdisant de leur parler afin de laisser le langage se développer naturellement chez eux. Cependant, cette expérience se solda par un échec, les nourrissons finirent par succomber. Cette expérience, à l’éthique contestable, souligne l’importance du lien social pour la survie des nourrissons. Il apparaît clairement que la simple satisfaction des besoins primaires tels que la nourriture et le sommeil ne suffit pas.
Selon le blog Dans les pensées de ma psy , depuis notre enfance, nous avons des besoins physiques et des besoins affectifs. Ainsi, nous sommes tous des dépendants affectifs dès la naissance. il s’agit d’un phénomène normal.
« L’homme est un être social, la nature l’a fait pour vivre avec ses semblables » Aristote.
Dès sa naissance, un nourrisson est fragile et dépendant de son environnement pour sa survie, principalement des adultes. Incapable de pourvoir à ses propres besoins, il nécessite une assistance constante. Cette vulnérabilité est une caractéristique particulière du bébé humain, une forme de néoténie. Contrairement à certaines espèces animales, les bébés humains naissent sous-développés et nécessitent un investissement parental prolongé.

Dans ses interactions avec les adultes, le bébé acquiert dès le début des notions sur ce qu’il peut espérer ou non des autres :
- Si les interactions sont bienveillantes et adaptées, l’enfant se sentira aimé et valorisé, favorisant ainsi le développement de l’estime de soi et de la sécurité affective.
- En revanche, des interactions inadéquates, excessives ou insuffisantes peuvent engendrer chez l’enfant une tendance à éviter les relations sociales ou à rechercher constamment l’attention et l’amour des autres. Dans ce cas, l’enfant est en proie à une insécurité affective chronique conduisant à de la dépendance affective à l’age adulte. les relations amicales et amoureuses viennent donc combler un besoin et non une envie.
Parlant de relation amoureuse, la dépendance affective en amour est la plus nuisible et fréquente.
La dépendance affective en amour
Pour l’enfant en proie en insécurité affective chronique , Robin Norwood dans son livre Ces femmes qui aiment trop... explique qu’une fois adulte, il cherche à le recréer avec un partenaire, espérant trouver ainsi un remède à sa douleur.
« Nous sommes, tous sans exception, pleins de frayeur. Si vous vous mariez pour vous débarrasser de la votre, vous ne ferez que marier votre frayeur à la frayeur de quelqu’un d’autre ; une fois vos deux frayeurs mariées, vous saignerez et vous appellerez cela de l’amour. » Michael Ventura, Shadows dancing in the marriage zone.

Robin explique que pour une personne dépendante affective, la quête d’amour devient obsessionnelle, un objectif à atteindre à tout prix. Contrairement à ceux qui choisissent soigneusement leurs relations, elle se précipite, idéalisant ceux qui lui montrent de l’intérêt et minimisant leurs défauts. Elle pense pouvoir combler les lacunes de son partenaire et l’aider à s’améliorer. Toutefois, quand la phase de séduction initiale s’estompe, elle se sent délaissée et insatisfaite. Même en voyant que son partenaire ne s’améliore pas, voire empire, elle reste de peur de ne pas trouver mieux ailleurs. Elle préfère supporter une relation insatisfaisante plutôt que d’affronter le vide et la peur de l’échec. Généralement, c’est l’autre qui décide de mettre fin à la relation car la personne dépendante affective a du mal à accepter l’échec et craint de causer du chagrin ou de subir le rejet. Elle préfère se considérer comme une victime plutôt que de se respecter elle-même et de respecter l’autre en mettant fin à une relation toxique. Cette attitude peut refléter une peur profonde du vide, l’amenant à préférer une situation insatisfaisante plutôt que l’inconnu.
Vers une ¨solution¨ à la dépendance affective

Plusieurs thérapeutes et psy sur internet font le rapprochement entre le self love et les thérapies pour aider les dépendants affectifs. La psychothérapeute Robin Norwood l’explique encore mieux dans son livre comme suit :
- Thérapie individuelle : La thérapie individuelle peut être utile pour aider une personne à identifier les causes sous-jacentes de sa dépendance affective et à développer des stratégies pour la surmonter.
- Thérapie de groupe : La thérapie de groupe peut être bénéfique car elle permet aux personnes ayant des problèmes similaires de se soutenir mutuellement et de partager leurs expériences.
- Méditation et pleine conscience : La méditation et la pleine conscience peuvent aider à réduire le stress et l’anxiété associés à la dépendance affective.
- Activités de renforcement de la confiance en soi : Participer à des activités qui renforcent la confiance en soi, comme l’exercice physique ou la pratique d’un passe-temps, peut aider à réduire le besoin de validation externe.
- Limitation de l’exposition aux déclencheurs : Identifier les déclencheurs de la dépendance affective et limiter l’exposition à ces déclencheurs peut aider à réduire le comportement de dépendance.
- Se concentrer sur l’auto-soin : Prendre soin de soi et de ses besoins peut aider à renforcer la résilience émotionnelle et à réduire le besoin de validation externe.
- Établir des limites saines : Établir des limites saines avec les autres peut aider à réduire les comportements de dépendance affective.
- Pratiquer l’acceptation : Apprendre à accepter et à tolérer les émotions désagréables peut aider à réduire le besoin de fuir dans des relations co-dépendantes.
- Se concentrer sur des objectifs personnels : Se concentrer sur des objectifs personnels et des aspirations peut aider à créer un sentiment de sens et de but qui peut réduire le besoin de validation externe.
- Demander de l’aide : Demander de l’aide à un professionnel de la santé mentale peut être une étape importante pour surmonter la dépendance affective.
Merci d’avoir abordé ce sujet 👏👏👏
Toujours aussi brillantvos articles
Merci Naomie contente d’avoir captivé ton attention.
La dépendance affective est-elle fonction du contexte où on vit .? Ou alors c’est un sentiment qu’on éprouve dès la naissance..! Si je prends l’exemple de notre contexte précis certaines personnes ne savent pas qu’ils le sont mais dans leurs inconscience ils peuvent se douter d’un truc , mais pour ça faudrait que la personne s’éloigne .
Dans un contexte général on est dépendant affectivement a la naissance à l’âge adulte on prend son envol et souvent le regard ou alors l’apport de ses personnes la ne devient plus une adiction pour nous mais juste un apport je penses qu’il est nécessaire de bien circonscrire la zone .
Mais on gros donc bloc il est de ouf ça se voit que tu l’écris avec le cœur et beaucoup d’enthousiasme 🫂 je suis ton humble lecteurs😎
bonjour kouawa,déjà merci pour ton commentaire. on nait tous dépendant.Autrement dit, on a tous besoin d’une base affective durant notre croissance. c’est lorsque cette base affective est mal installée, qu’on peut potentiellement avoir des dependants affectifs dans leurs vie d’adulte et même d’adolescence (16ans et plus… oui les moins de 16ans ont encore besoin d’aide parentale pour combler ce besoin là).
Toujours aussi explicite dans vos publications. C’est très intéressant qui touche la plupart d’entre nous au quotidien. La dépendance affective pousse énormément de personnes à intégrer de mauvaises compagnies parce-qu’ils ont peur de la solitude qui en soit n’est pas forcément une mauvaise chose. La lecture a été très plaisante et m’a permis d’en savoir un peu plus sur la dépendance affective de façon générale.
Merci Bruno pour ton commentaire, contente d’avoir captivé ton attention.
Merciii Mich pour cette vision d’ensemble sur un sujet très sensible.
Merci Antoine pour ton commentaire
Merci déjà pour ton article, ceci devrait être un signal d’alerte pour des parents voire la génération future pour mieux donner une place de choix aux enfants. Pouvoir et savoir les écouter pour qu’ils ne se sentent pas abandonnés à eux même.
Merci Michèle pour cette analyse détaillée et ses solutions au problème de dépendance affective. Un véritable fléau qui mine notre société de plus en plus. En espérant toujours vous lire sur des thématiques aussi pertinentes. Keep Going……